Une jolie libellule sa lamentait.
Elle jugeait sa mare un piètre palais.
Il faut dire que la petite demoiselle.
Ne se prenait pas pour n’importe quelle donzelle.
De cette mare aux boues épaisses.
La bestiole se croyait la princesse.
Mais point de luxueux carrosse.
Tiré pas des chevaux forts et véloces.
Qu’un petit et vieux nénuphar.
Tiré par un crapaud au teint blafard.
Point de laquais en belle livrée.
Ni de robuste garde rapprochée.
Que quelques grasses grenouilles.
A l’estomac qui, sans cesse, gargouille.
Et puis quelle est cette laide population ?
Des salamandres, des moustiques, des tritons.
Aucun n’était digne de notre insecte.
Elle les trouvait tous laids et infectes.
En outre, et l’affaire n’est pas mince.
Impossible de trouver ici, un joli prince
Notre libellule, un jour, de guerre lasse
Décida d’aller voir ailleurs, ce qu’il s’y passe.
Et de quelques coups de ces ailes solides
Notre princesse quitta sa mare fétide.
Aussitôt elle l’éleva dans les cieux
N’est ce pas de la haut que je verrais le mieux ?
Ce pays beau mais lointain.
Dont elle fera un royaume qui sera le sien.
Elle survola des bois et des forêts
Des prés, des champs et des fourrés épais.
Elle visita maintes autres mares
Croisa des animaux bizarre et barbares.
Elle vit des lacs, des fleuves et des rivières
Mais pas assez beau pour notre dame, trop fière.
Puis un beau jour notre intrépide libellule
Survola des montagnes de sable, des dunes.
Et découvrit , les yeux exorbités
Ce dont elle avait toujours rêvé.
Elle n’avait pourtant pas la berlue
Ces flots s’étendaient a perte de vue.
Enfin elle avait trouvé un royaume digne de son rang.
Elle avait découvert, ni plus ni moins, que l’océan.
Devant tant d’espace et de beauté
Elle oublia tout ce qui l’avait inquiété.
Me voilà arrivée chez moi se dit elle.
Et se mit a rêver de plus belle.
Je vais me bâtir une principauté.
Où chaque jour je serais fêtée.
Je commence par chercher de ce pas
Un carrosse digne de mon éclat.
Passa par là une belle mouette.
Voilà ce qu’il faut pour tirer ma charrette.
Elle héla derechef cet oiseau qui planait
Et qu’elle considérait déjà comme son sujet
Mais la mouette, mal lunée
Ne fit de la libellule qu’une bouchée.
Moralité :
Ne prends pas tes rêves pour la réalité
Car la vie te fichera vite une claque sur le nez.
Mais si ton rêve réellement se réalise.
Dépêche toi de faire ta valise.
Et de ce que la vie t’offre soit content
Sinon elle te le reprendra avant longtemps.
















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